L'année dernière j'avais planté quelques fraisiers. Ils avaient prospéré tranquillement dans leur coin à l'ombre de deux plants d'artichauts. Ils n'ont rien donné. C'était prévu. En revanche ils se sont multipliés. Ce printemps une belle constellation d'un bonne dizaine de fraisiers bien développés se sont mis à produire de fort jolies fraises. Et depuis une quinzaine de jours, je suis tout étonné de ramasser chaque matin un gros bol de fraises bien mures.

Croulant sous le stock de deux jours de cueillette, et profitant d'une météo mausade incitant à rester sous le couvert, la décision est prise de tenter d'en faire de la confiture. Oui, carrément de la confiture.

Il faut dire que l'expérience est hasardeuse. C'est la seconde fois en presque un demi-siècle que je tente l'aventure. Et la précédent s'était soldé par ce qu'il faut bien qualifier d'un échec. Pour preuve, les bocaux cherchent toujours une victime bonne âme qui se dévouera pour en consommer le contenu. Histoire de ne plus me planter, et surtout s'agissant de fraises du jardin, je mets madame google dans le coup pour lui faire trouver la recette ultime. Par recette ultime, je veux dire celle qui soit la plus basique possible.

Et je trouve mon bonheur. C'est archi simple. Des fruits, du sucre. On chauffe et on verse en pot. A se demander comment j'ai pu rater mon affaire la fois d'avant. J'en fais part à mon chef épouse préférée qui me refile quelques précieux et judicieux conseils. Fort de ce bagage, voici donc la fabuleuse recette de la confiture de fraises du jardin.

Pour les proportions c'est très facile:

  • Fraises: 2/3
  • Sucre 1/3

Laver les fraises, retirer les queues, le couper en deux, et même en quatre pour les plus grosses. On verse les fraises dans une casserole. A défaut de confiturier en cuivre, ce sera une cocotte en inox. On ajoute le sucre. On mélange, et on chauffe. C'est la que se situe la phase délicate, car si il faut une bonne vingtaine de minutes d'ébullition et de touillage régulier (avec une cuillère en bois), il convient surtout d'éviter les gros bouillons synonymes de surchauffe et qui risqueraient de caraméliser le mélange ruinant une bonne partie des saveurs.

Pendant que ça chauffe on s'occupe des bocaux. Enfin "dès", c'est un bien grand mot. Avec mes 500 grammes de fraises, j'aurai juste de quoi en remplir un. Un pot qui avait naguère contenu du miel fera l'affaire. On le lave, on l'ébouillante et on le laisse sécher.

C'est le moment de passer à la phase finale: le célèbre test de l'assiette froide. Celui-ci consiste à déposer un goutte de la confiture en devenir sur une assiette froide. Si elle fige rapidement, c'est que la confiture est prête. Après quelques tests douteux, j'arrive à un résultat qui semble satisfaisant. C'est le moment. On vide délicatement le contenu dans la casseroles dans les le pot, on le ferme, et le laisse refroidir retourné. C'est à dire couvercle en dessous. Il y en a un peu en rab. Ca tombe bien, un second pot plus petit était prévu au cas ou. Ce sera pour le prochain petit-déjeuner.

Mission accomplie. Et sans tout foirer cette fois.

LE pot de confiture de fraises

Epilogue

  • La proportion 2/3 de fruit pour 1/3 de sucre retenue ici utilise moins de sucre que ce que préconisait la recette trouvée par madame google. Et le résultat me semble encore un peu trop sucré. Je pense encore en réduire la proportion la prochaine fois. Cependant je me demande jusqu'à quel point il est prudent de diminuer la quantité de sucre du point de vue dans la qualité de conservation de la confiture. A creuser.
  • La preuve que la confiture est réussie, c'est que le niveau du pot a déjà diminué de moitié. C'est pas comme ça que je vais constituer des réserves pour cet hiver.