Ce matin la météo était de saison. Nuit, pluie, vent. Seule la température clémente pour l'époque fait mentir l'automne. J'enfile les survêtement étanches et en route pour quelques kilomètres en vélo jusque la gare de Mons. Le vent est fort et dans le mauvais sens, du coup j'évite le hallage trop exposé, et je prends par le village pour profiter de l'écran des maisons.

Comme d'habitude l'approche de la gare de Mons est le moment stressant. Aucun aménagements pour les cyclistes. Il faut choisir entre déranger les piétons qui sont nombreux à cette heure et la chaussée réservée aux bus. Pour ne rien épargner les travaux de préparation de la gare temporaire rendent le passage encore plus précaire en obligeant à des changements de bande. La pluie et la nuit ajoutent à l'insécurité. Je ne traine pas, sachant qu'il y a des conducteurs pour qui une seconde perdue dure une éternité. Je regarde partout et surtout derrière. il faut anticiper et éviter les surprises. Voici la gare encombrée de bus et de voitures. On se faufile en veillant à ne pas rester dans un angle mort. Enfin le parking à vélo. Évidemment il n'y a plus de places couvertes. Le vélo comme souvent attendra sous la pluie.

Je coupe le phare, range les vêtements de pluie, et rejoint le quai. En embarquant dans le train, le doute m'habite. Ais-je bien cadenassé le vélo ? Plus le temps de tergiverser, le train est en partance. On verra bien ce soir.

Interlude pro

De retour à Mons je vais pour prendre mon vélo. Et ... plus de vélos. Je vérifie. Non, il n'est vraiment plus là.

J'ai ma réponse. Le cadenas n'y était pas. Je peste, me calme, repeste, me recalme, refléchi, respire un grand coup. Après tout ce n'est jamais que le troisième qui disparaît. Je commence à être blindé. Je prends la direction du bureau de police tout proche pour une séance de déposition dont je commence à connaître le protocole.

Et tout en marchant, une étincelle d'espoir s'allume. Ha mais et si ? Demi-tour. Je retraverse la gare, prends la direction de la place Léopold. Direction Pro-Vélo à la maison des cyclistes. Tremblant d'espoir je pousse la porte. Je me présente au comptoir. Le préposé me regarde. Hésitant, je balbutie:

- heu... vous faites encore de rondes dans la gare ? - Lui: oui deux fois par jour. - Moi: vous n'auriez-pas récupéré un vélo ? - Il fronce le sourcil, et dit: en effet.

Je défaille, perd le peu de moyens qu'il me reste et quand il me demande le pedigree du vélo, je bafouille encore plus que d'habitude pour énumérer quelques signes particuliers.

- Lui: il est la.

Il disparait dans les coursives du bâtiment et revient avec le fidèle compagnon que je croyais perdu. Soupir de soulagement. Je crois que je n'ai jamais été aussi heureux de voir un vélo. A quoi ça tient un instant de bonheur, hein.

Merci Pro-Vélo, merci d'exister, merci de veiller sur la mobilité, merci de veiller sur nos vélos dans cette gare au charme stalinien. Des fonctionnaires en bleu mériteraient de s'inspirer de vos méthodes. A bientôt. Yahouuu...

Mons vs. Provelo