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De Mons à Viroinval par les Ravels

mardi, août 2 2011, par Roudou

Profitant d'un rendez-vous familial à Nismes, je décide de m'y rendre en vélo. Et en une seule étape cette fois, et avec la bagagerie au complet vu qu'un bivouac est prévu en pleine nature. Un bon test en vue de projets un tout petit peu plus ambitieux.

Arrivée à Nismes

Le parcours évitera autant que possible la trajectoire des automobiles. Cela allonge sensiblement la distance puisqu'elle passe de 80 à plus de 100 km. Mais il y a des luxes qui n'ont pas de prix. Et ces 20 km de rab' est celui qu'il faut payer pour s'épargner la pression des engins à moteurs. L'itinéraire sera un panachage de tronçon Rando-Vélo, de Ravels, plus une pincée d'improvisation. Il y a surtout ce Ravel 109 (le L109/1 et le 109/2) qui permet de rouler au calme depuis la périphérie de Lobbes jusqu'au centre de Chimay qui forme l'épine dorsale de la route.

Le poste de pilotage

Côté matos, depuis le dernier voyage, le vélo a reçu les quelques accessoires qui lui manquaient. Il commence à ressembler à un vrai vélo de randonnée, et par contrecoups de moins en moins à un vélotaf. Un nouveau porte bagage arrière. Le précédent donnaient des signes de fatigue. Un porte bagage avant avec les sacoches qui vont avec. Le poste de pilotage est complété avec des cornes et un support de GPS installé sur la potence. Enfin, les roues sont chaussées des nouveaux pneus. Plus gros, roulant mieux et bien renforcés auxquels je souhaite une longue carrière vu qu'il sont loin d'être donnés.

Avec deux sacoches derrière, deux sacoches devant, plus un bagage sur le guidon, il devient assez facile de segmenter ce qu'il y a à emporter. L'avant est consacré au couchage, avec la tente d'un côté, le matelas et le sac de couchage de l'autre. Derrière, un sac est consacré aux vêtements et accessoires de toilette. L'autre au ravitaillement et à la batterie de cuisine. Les cartes, le matos électronique, et tous les documents sensibles embarquent dans la sacoche de guidon avec quelques provisions de bouche à picorer en cours de route. Par rapport au précédent voyage, je pense que le trousseau emporté est plus simple, mieux équilibré, et surtout moins lourd et moins encombrant. Le deux sacoches sur la roue avant y sont probablement pour quelque chose. Il y a encore moyen d'optimiser, mais ce sera pour une prochaine fois. En attendant on fait avec l'existant.

Le guè de Estinnes

Histoire de rouler sans pression le départ est fixé sur les choses de 7h du matin en pariant sur un moyenne horaire paisible de 10 km/h tenant compte des pauses. A l'arrivée, le GPS indiquera 110km, et 6h18 de pédalage pour 2h de pauses. Un bonus de presque deux heures qui sera mis à profit à l'arrivée après l'installation du bivouac pour une petit sieste réparatrice.

Les premiers kilomètres vélo chargé servent de transition. On ne pédale et ne bouge pas de la même manière sur un vélo nu que sur un vélo chargé de 20 kg de fret. La charge mieux répartie sur les deux roues rend le vélo plus équilibré, et l'on s'adapte vite à la relative lourdeur de la direction. Dans cette configuration je pourrai même négocier debout les raidillons alors que je ne m'y étais pas risqué avec la charge uniquement placée à l'arrière. La bonne rigidité du nouveau porte-bagages doit aussi y jouer un rôle. Les pneus avec leur section de 2 pouces mettent en confiance et je ne crains plus les irrégularités du terrain. Le GPS sous les yeux en permanence est un luxe qui s'apprécie. Les cornes permettent les prises variées du cintre qui retardent ankylosement des mains. Bref dès les premiers kilomètres les modifications et améliorations apportées à la monture confirment tout le bien que j'en attendais.

Début du Ravel 109

Cela commence doucement par 10 kilomètres de hallage sur le Ravel 1 avec Axelle qui m'accompagne jusque Thieu. De la je bifurque sur le RV3 jusqu'au bois de Pincemaille ou je rejoins le Ravel 109/1. Ce joli tronçon fonce à travers bois jusqu'à proximité de la Sambre en amont de Lobbes. On y descend en prenant une route classique sur quelques centaines de mètres, puis un chemin de terre qui descend abruptement en suivant un vallon. Et c'est reparti pour quelques kilomètres de hallage. Mais particulièrement bucolique cette fois. Pécheurs, barques, berges fleuries, méandres, écluses manuelles, on roule dans une vraie carte-postale. En passant par un ancien pont de chemin de fer, le Ravel évite un méandre à l’approche de Thuin, et surtout évite le nœud routier qui sanctionne l'entrée dans Thuin. De Thuin d'ailleurs je ne verrai pas grand chose. Les Ravels ont l'habitude d'éviter les centres urbains et le défaut de s'y connecter mollement sinon pas du tout.

De Thuin à Beaumont

De Thuin part le Ravel 109/2 qui, à part une minuscule digression à Rance, et une autre plus abrupte à l'approche de Chimay, conduit d'une traite jusque Chimay. Soit 45 km de voie dont l'automobile est bannie en traversant essentiellement des forêts. Un parcours uniquement ponctué de chicanes, assez nombreuses par moment, au passage des croisements de routes. Si le calme est royal sur ce mince ruban de bitume, les échappées sur le paysage environnant sont peu nombreuses. La voie progressant tantôt au creux de tranchées, tantôt bordé de broussailles. Cependant les tranchées et les talus ont la vertu bien appréciée des cyclistes de gommer une partie du relief. Les montées comme les descentes deviennent longues en kilomètres, mais toujours tendres avec la pente. C'est ainsi que sur les 15km de liaison entre Thuin et Beaumont, le Ravel ne fait quasiment que monter. Et entre Beaumont et Chimay, les incessantes ondulations qui transforment la nationale en montagnes-russes passent complètement inaperçues.

L'arrivée à Chimay révèle ce qu'aurait pu être le trajet s'il n'y avait pas eu le Ravel. Un beau petit raidillon bien raide qui sert de retour à la réalité routière. Un petit passage dans le centre ville confirme que celui-ci est toujours aussi peu séduisant et ne mérite pas la renommée planétaire que lui vaut sa production brassicole. En sortant de Chimay j'ai déjà plus de 80 km dans les jambes, et les tiraillement dans les mollets me disent qu'ils commencent à accuser le poids de l'effort. Et pourtant c'est maintenant que l'on entre dans le dur. Les Ravels lisseurs de reliefs sont terminés.

Vélo-portrait

Pour rejoindre Couvin, je pouvais suivre le RV3 comme il y a un an, mais dans l'autre sens. Sauf que je me souvenais du l'effort à fournir pour traverser la vallée de l'Oise du côté de Vaulx et Lompret. En passant plus au sud ce serait sans doute moins bucolique mais aussi moins accidenté. Je ne saurais dire si le calcul était pire, mais il était certainement moins bon qu'espéré. D'abord, parce que en dépit d'un GPS bien réglé, je me suis assez régulièrement planté dans le choix des nombreuses routes qui sillonnent le coin. Ensuite parce que j'ai fait l'erreur de sélectionner la rue de la pierre qui tourne. Sur la carte cela semblait un bon choix. Avec un VTT ça l'est sûrement. Mais avec un vélo de randonnées charge de bagages, c'est moins le cas. J'ai eu l'espace de quelques kilomètres l'occasion de regretter les suspensions, et l'occasion de louer le changement de pneus avant le départ. Les précédents n'y auraient pas survécus.

C'est sur ces réflexions que j'aborde la descente sur Couvin. A part une sommaire photo souvenir le long de l'Eau-noire, je ne m'attarde pas. En plus des mollets qui commencent à renâcler il faut ajouter les fesses qui aimeraient tâter d'autre chose que de la selle. Du coup j'ai hâte d'arriver. Puis, il reste deux raidillons à négocier. D'abord celui qui permet de sortir de Couvin que je connais pour l'avoir balisé RV3 il y a deux ans. Ensuite celui de Nismes pour grimper au verger du Matricolo. Les deux passeront, mais il faudra mettre tout à gauche.

Couvin et son Eau-Noire

La descente sur Petigny par une très mauvaise route mal rapiécée est chaotique. Dommage car si on ne devait pas regarder tout le temps ou placer les roues, elle serait sympathique. Les derniers kilomètres au fond de la vallée de l'Eau-noire sont sans histoire, et l'arrivée sur Nismes chargée d'émotion. Mission accomplie. Le but que je doutais encore de rejoindre ce matin est atteint.

Petit tour euphorique dans le village, et tout en décompressant, je me rend compte à la fois qu'en plus des mollets et des fesses, mon estomac rouspète à son tour. En même temps je constate que le fritkot réputé servir mes meilleures frites de Belgique existe toujours, et qu'il est ouvert. Je ne résiste pas plus qu'en 2000, et je m'offre ce petit plaisir que je déguste assis sur la pierre du parapet au bord de la rivière. La vie est généreuse parfois...

Centre du village de Nismes

C'est remonté à bloc que je négocie le dernier raidillon. L'effort est épique. je pars d'ailleurs perdant pensant que ce genre de fantaisie n'est plus pour moi. Un coup de pédale pour papa, un pour maman, un pour ma femme, deux pour les enfants, le chien, puis tous les copains. Et le miracle se produit. Voici le verger. Explosé, mais pas tant que ça. Pas si usé le futur quinqua finalement. Merci les frites.

Le verger qui servira de bivouac est le point de ralliement. Il est rempli d'arbres plantés par notre tri et même quadrisaïeul. C'est la que nous allons nous retrouver à plusieurs de ses descendants. Au centre une clairière s'est formée. Des arbres atteint de la limite d'âge n'y sont plus. L'herbe entretenue par les moutons qui y vivent habituellement est légère, et parsemée de sympathiques fleurs jaunes. c'est la que le campement sera organisé. Quel accueil. Difficile de faire plus chaleureux.

Installation du bivouac

Je plante la tente, range les bagages, et m'installe en attendant mes colocataires. Puis, après une petite promenade apéritive dans le village, je m'y endors même si l'heure de la sieste est un tout petit peu dépassée. Je me réveille alors que mes voisins, arrivés entretemps, montent leur tente. Fin du reportage vélo. La vie de famille peut commencer.

Tourisme en vélo, le RV3 de Rando-vélo

vendredi, juillet 9 2010, par Roudou

Couverture du topo-guide du RV3

Rando-vélo est une association qui s'est donnée pour tâche de sillonner la Wallonie d'itinéraires touristiques à parcourir en vélo. Ces itinéraires relient les villes, traversent le provinces, se rejoignent, se croisent tissant petit à petit un véritable réseau cyclable. Construire un itinéraire Rando-vélo, - on dit un RV - c'est effectuer une synthèse qui tient compte d'éléments fort variés. L'intérêt touristique et le paysage pour commencer, L'aisance avec laquelle il peut se parcourir en vélo, La sécurité des cycliste en choisissant des routes ou la cohabitation avec l'automobile est possible. De mailler les itinéraires en réseau pour les connecter aux villes et entre eux de manière cohérente. Enfin , tous les itinéraires sont balisés, et l'association édite un topo-guide pour chacun d'entre eux.

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C'est à l'occasion de l'inauguration d'un nouvel itinéraire que je raconte tout cela. Et aussi un peu parce que j'ai eu le plaisir de participer à une modeste partie de sa réalisation. Le RV3, c'est son petit nom, a aussi été baptisé "la Hennuyère - Fagne - Famenne". Pas moins. Il faut dire qu'il balise plus de 280 kilomètres de routes. Partant de Overboelare au nord de Lessines, il traverse deux provinces pour rejoindre la gare de Gedinne dans les Ardennes en ayant aussi effectué deux incursions sur le territoire Français. Des variantes viennent ponctuer le trajet principal qui permettent de visiter les villes de Henghien et de Mons.

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Le topos-guide consiste en un document utile à la navigation du cycliste. L'introduction informe le lecteur sur Rando-Vélo. Donne des informations pratiques. Il s'attarde ensuite sur la manière dont à été conçu le parcours et donne les clés du balisage très fortement inspiré de celui des GR. Les informations sur les dénivelés, le kilométrage sont destinés à aider le voyageur à planifier son effort et sa progression. Les cartes topographiques annotées permettent de se situer et de s'orienter. Ces informations sont complétées d'un road-book destiné à faciliter la navigation. Ce qui donne pas moins de trois moyen d'organiser sa progression.

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Le guide est le premier de la série à être imprimé dans un format à l'italienne. Un format choisi pour être maniable en voyage, peu encombrant et qui doit pouvoir se glisser dans la plupart des porte-cartes. Les pages sont plastifiées pour rendre l'ouvrage résistant aux agressions. Bref, un livre pensé comme un outil de voyage. C'est en tous cas avec ce soucis qu'il a été conçu.

Quelques références: